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« Ça paraît tellement pas » : l’iceberg des femmes neurodivergentes

Annie Lachance sur le visuel des NeuroDivines : l'iceberg de la femme neurodivergente et l'effort invisible qu'on ne voit pas

Il y a une phrase que t’as peut-être déjà entendue à ton sujet. Quelque chose comme : « Toi? Jamais j’aurais deviné. Ça paraît tellement pas. »

Pis à chaque fois, à l’intérieur de toi, ça t’a fait un drôle d’effet. Parce que oui, de l’extérieur, t’as l’air d’aller bien. Sauf qu’il y a personne qui voit ce que ça te demande.

Dans le premier épisode de la saison, on a exploré pourquoi reprendre ton pouvoir, c’est pas en faire plus. Aujourd’hui, on continue le chemin avec une image toute simple : l’iceberg.

Ta pointe d’iceberg, pis tout le reste

Tu connais l’image. Ce qui dépasse de l’eau, c’est juste une petite partie. La plus grande masse, elle est sous la surface, invisible.

Toi, c’est un peu ça. Ce qui dépasse, ce que les gens voient, c’est la femme compétente, fiable, capable. Celle qui livre, qui gère, qui trouve des solutions. Celle qui a l’air solide.

Pis en dessous de l’eau, il y a tout le reste. L’effort que ça te demande de paraître normale. Le calcul constant : comment je me tiens, quoi dire, comment réagir, pas faire de gaffe. La fatigue qui s’accumule. Les moments où tu te retiens d’exploser, de pleurer ou de simplement partir. Le bruit, la lumière, les textures que t’encaisses en silence.

Tout ce travail-là, il est sous la surface. Pis c’est précisément parce qu’il est invisible que ça devient si lourd.

Le cercle vicieux de la belle pointe d’iceberg

Voici ce qui arrive : plus tu réussis à présenter une belle pointe d’iceberg, plus les gens te font confiance pour porter des choses. Plus on t’en demande. Pis moins on imagine à quel point t’es en train de ramer en dessous, comme le petit canard avec ses pattes qui pédalent sous l’eau.

Alors tu te retrouves seule avec cet écart-là. L’écart entre ce qu’on voit de toi pis ce que tu vis vraiment.

Pis sais-tu c’est quoi, le plus dur dans cet écart-là? C’est pas la fatigue. C’est le doute.

Parce qu’à force que personne voie ton effort, tu finis par te demander si tu l’inventes pas. Si t’exagères pas. Si t’es pas juste en train de te plaindre, parce que tout le monde semble trouver ça facile. Toi, tu le sais que ça te coûte. Pis tu te demandes encore pourquoi.

Tu n’exagères pas

Je veux te dire quelque chose clairement : tu n’exagères pas.

Ce que tu vis sous la surface est réel. L’effort est réel. La fatigue est réelle. Le fait que ça te demande dix fois plus d’énergie que ça laisse paraître, c’est réel.

C’est pas parce qu’une chose est invisible qu’elle existe pas. C’est juste qu’on t’a jamais appris à la nommer.

Pis aussi longtemps que cet écart-là reste sans mots, c’est toi qui le portes. Toute seule. En silence. En doutant de toi. Mais le jour où tu peux dire « voici ma pointe d’iceberg, pis voici tout ce qui est en dessous », il y a quelque chose qui devient plus léger. T’arrêtes de te demander si t’es folle. Tu commences à comprendre que t’es simplement quelqu’un qui fournit un effort énorme que personne voit.

Ça, c’est pas un défaut. C’est une réalité qui mérite enfin d’être reconnue.

Un tout petit geste pour cette semaine

La prochaine fois que quelqu’un te dit « t’as l’air de bien aller » ou « toi, tu gères tellement », au lieu de hocher la tête en silence, prends juste une seconde. Pour toi, à l’intérieur. Rappelle-toi que ce que cette personne voit, c’est ta pointe d’iceberg. Pis que toi, tu sais ce qui est en dessous.

T’as pas à tout exposer. T’as juste à arrêter de te le cacher à toi-même.

Pis si en lisant tout ça, tu te demandes si ce que tu vis sous la surface pourrait être des traits autistiques, sache que c’est une question légitime. Le Dépistage Express de traits autistiques existe exactement pour ça : mettre des mots sur ce que tu portes depuis longtemps. Tu peux aussi réserver un appel de connexion si t’as envie d’en jaser d’abord, sans pression.

(Pis écris-moi si cet article a mis des mots sur quelque chose que tu portais sans le dire. Ça me touche à chaque fois.)

Prends soin de toi. Pour vrai.

Et si tu mesurais ce que ça te coûte ?

Tu peux reconnaître le mécanisme sans savoir à quel point il te vide. Le quiz prend 4 minutes et te donne ton profil, tes trois signaux précoces, et un plan pour les jours où tu n’as plus accès à ton cerveau.

Faire le quiz, c’est gratuit

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